
LES ENFANTS DES PLANCHES
Un documentaire de Réza Serkanian
Image & Montage : Réza Serkanian
Son : Lionel Thiriet – Étalonnage : Benoit Poncelin
Musique : Agnès Vincent – Chanson : Djeli Moussa Condé
Lieu de tournage : France, Grand Est Region
(Châlons-en-Champagne , Sarry, Mairy-sur-Marne)
Distribution : Overlap Films
Disponible en DCP – Vidéo – DVD
Diffusion sur France 3 TV : 2024 – 2025
Liens : Allociné – UniFrance – IMDB
Année : 2020
Langue : Français (sous-titrage en anglais)
Durée : 52 min – Documentaire
Country of Production: France – Overlap Films
Format de tournage : Digital
Format d’image : 16:9
Pays de production : France
Regardez un extrait du film :
FESTIVALS :
Festival de Théâtre de Phalsbourg – France
Festival des cinémas d’Afrique de Besençon – France
Avec la participation du RTGE
(Réseau des Télévisions du Grand Est)
Alsace 20, Canal 32, Mirabelle TV, Vosges télévision
Coproduction :
Overlap Films, France Télévisions, ViàVosges
Avec le soutien de la Région Grand Est, en partenariat avec le CNC




Presse
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3 raisons de regarder le documentaire “Les enfants des planches”
Article par Sophie Gueffier
Il s’appelait Denko Sissoko. Un jeune homme venu d’un autre pays. Son destin, tragique, a bouleversé le quotidien de ses compagnons de route et a libéré leur parole.
C’est un fait-divers tragique qui sert de toile de fond à ce documentaire plein de vie. Le 6 janvier 2017, le jeune homme originaire du Mali se jette du huitième étage d’un immeuble de Châlons-en-Champagne.
L’été qui a suivi le drame, ses compagnons de foyer ont participé à un atelier-théâtre, sous le regard bienveillant de Marie-Pierre, et ont créé un spectacle tiré de leurs témoignages. Fort, drôle et déchirant.
1 – Rejoindre une jeunesse sur un parcours qui n’en finit pas
« Je ne suis pas un étranger puisque je suis un migrant. « Un migrant, c’est un voyageur qui va d’un pays à un autre. »
Sekou, Maria, Gaye, Salma, Mamadou, Koroba, Emmanuel, Kevin et les autres sont parvenus jusqu’en France, à Châlons-en-Champagne, à l’issue d’indicibles odyssées. Ils sont tous mineurs, sont venus seuls, ou accompagnés, de leurs pays natals, le Mali, la Russie, le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou d’autres nations africaines. Les raisons de leur exil leur sont propres, mais souvent il s’agit de fuir une réalité effrayante, une guerre, un massacre perpétré par Boko Haram… Ce qu’ils ont trouvé ici, est loin de l’idée qu’ils s’en faisaient. Leur chemin vers la liberté et la sécurité n’est pas prêt d’être terminé. Pourtant l’un d’eux explique face au rejet dont il est victime :
« On ne vient pas dans l’intention de faire quelque chose de mal. On a quitté une situation qui n’a pas été favorable à notre égard. »
Et leur déconvenue vient de leur incompréhension face à ce rejet.
« Je suis venu chercher une vie meilleure, je suis sur le chemin. Je veux être dans la société, m’intégrer. »
2 – Apprendre à partager des souvenirs qui font mal
Cela nous paraît évident, à nous, Occidentaux, de parler, de vider son sac. « La parole libère » nous a-t-on appris.
Leur sac est lourd, à tous ces jeunes, leur chemin a été long et semé d’embûches. Pourtant, leurs cultures ne leur ont pas appris à libérer leur parole. Aller chez le psychologue, c’est un peu croire que l’on est fou. Alors il faut trouver d’autres chemins pour que la parole se lâche. L’atelier théâtre servira de vecteur. Les apprentis comédiens doivent apprendre à se faire confiance et pour cela, ils doivent se connaître. Pour se connaître, ils doivent parvenir à se raconter leurs histoires respectives. À travers, leurs silences, leurs colères, leurs sanglots retenus et même leurs rires, quand Mamadou raconte l’histoire de sa brebis, ils se rencontrent enfin. Petit à petit, leurs peurs, leurs fatigues et leurs espoirs se dessinent. Et la pièce prend forme.
« À travers le théâtre, tu arrives à faire sortir des choses de toi et ça fait du bien. »
3 – Mettre un terme à la souffrance
Ils savent tous pourquoi ils ont quitté leur pays. Certains d’entre eux s’attendaient à des difficultés, d’autres n’ont rien imaginé. Tous ont été confrontés au pire.
« Lorsque tu es en Libye, dis-toi que tu es déjà mort. Tous ceux qui y sont passés le savent. »
Mais l’ultime épreuve de la mer dépassée, ils prétendaient au repos, à l’accueil, et à une vie meilleure. Leur calvaire pourtant se prolonge. Confrontés à la suspicion, au rejet et au racisme, ils n’arrivent pas à retrouver un équilibre.
« Ici, on meurt mentalement. On m’a fait passer le test osseux et on m’a dit que tout ce que j’avais dit était mensonge. Ça tue. Plus que tout ce que j’ai fui dans mon pays. »
Un autre explique encore :
« Je n’ai plus de parents, ici j’ai perdu ma vie. Je ne suis rien, comme je n’étais rien au pays. Je suis trop fatigué. »
Sur scène, ils crient à tour de rôle : « Je ne suis pas venu ici pour souffrir. Ok ? »
Leur compagnon d’infortune, Denko, en a eu assez de souffrir.
Marie-Pierre, « la bonne femme », Maria, la maman russe, les bénévoles de RESF, de la Cimade, de la Comète et les éducateurs ont choisi d’accompagner tous ces jeunes, de les aider à retrouver le chemin de l’humanité et de la fraternité.
À travers leurs exemples et de nombreux autres, la France cherche encore à mériter sa devise.
Réalisateur
REZA SERKANIAN

Biographie
Reza Serkanian est un cinéaste d’origine iranienne actif depuis plus de trois décennies dans le cinéma de fiction et le documentaire. Il commence à réaliser des courts métrages à dix-sept ans en Iran et obtient rapidement une reconnaissance internationale, avec deux sélections au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. Après des études de cinéma à Téhéran, il poursuit son parcours artistique à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Amsterdam (Rijksakademie van Beeldende Kunsten) à Amsterdam.
Installé en France depuis 1998, il travaille entre l’Europe, l’Afrique et l’Iran, abordant les réalités sociales et les relations humaines. Il est également monteur et directeur de la photographie.
Son premier long-métrage, Noces éphémères (Grand Prix du meilleur scénariste Sopadin & France Culture), est présenté en première mondiale au Festival de Cannes en 2011 avant sa sortie en salles en France. Après Passeurs, documentaire coproduit avec France 3 pour la télévision, son nouveau long métrage Les Intrus sortira en salles en France en 2026.
Filmographie
LES INTRUS
2026 – Fiction – 80 min – Overlap Films – France
PASSEURS
2020 – Documentaire – HD – 68 mn – Overlap Films / France
LES ENFANTS DES PLANCHES
2019 – Documentaire – HD – 52 mn – Overlap Films / France
LE ROCHER DE NARAYAMA
2018 – Fiction – HD – 15 mn – Overlap Films / France – Iran
NOCES ÉPHÉMÈRES
2011 – Fiction – 35mm – 83 mn – Overlap Films / France
CEUX QUI MANGENT LE BOIS
2008 – Documentaire – 50 mn – Overlap Films / France – Gabon
L’ABSENCE D’ADRIEN
2004 – Documentaire – 26 mn – Overlap Films / France
RETROUVAILLES
2003 – Fiction – 35mm – 25 mn – Overlap Films / France – Iran
DE PASSAGE
2002 – Fiction – 35mm – 19 mn – Polygone Films / France
RETOUR
2000 – Fiction – 16mm – 30 mn – Valor Films / Pays-Bas
PARASTOU
1995 – Fiction – 35mm – 31 mn -DEFC / Iran
L’OISEAU AU VENT
1993 – Fiction – 16mm – 42 mn – DEFC / Iran