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LES INTRUS
Un film de Réza Serkanian
Avec : Dominique Blanc, Jacques Bonnaffé,
David d’Ingéo, Christelle Cornil, Sébastien Cop,
Abdel Diack, Koroba Magassouba, Salma Tabache,
Quentin Dida, Mathilde Ossola, Carole Remy,
Ibtissam Bouchaara, Marie-Pierre Barrière,
Scénario, DOP, montage : Réza Serkanian
Assistant réalisateur : Sébastien Cop,
Caméras : Stéphane Lecyn, Son : Philippe Schillinger,
Montage son & mixage : Matthieu Dallaporta
Post-production son : Rodéo Films & Gump
Partenaires :
Europe Nest Media (République tchèque) & PakFilm (Allemagne)
Distribution : Overlap Films
Sortie en France : 2026 – Disponible en DCP – Vidéo – DVD
Liens: Allociné – UniFrance – IMDB
Année : 2026
Langue : française
Genre : Drame
Durée : 80 min – Fiction
Pays de production : France
Format de tournage : 4K – 4608 x 2592
Format d’image : 2,39

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Festivals
Festival international du film de Rhode Island (USA)
Festival du film de Brooklyn (USA)
Festival L’Europe Autour De L’Europe (FEAE) (Paris, France)
Festival du film de Girona (Espagne)
Independent Days | Festival international de Karlsruhe (Allemagne) Prix du meilleur long-métrage
– Festival international du film de La Haye (Pays-Bas) Prix du meilleur film
– Festival du film indépendant de Toronto, CIFT (Canada) Prix du meilleur long-métrage
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Dans une ferme un peu à l’écart, quelques jeunes migrants ont trouvé un fragile équilibre. Mais en une journée tout peut basculer. Partir ou rester ? Profiter de ce sentiment de liberté éphémère dans cette ferme où le temps semble suspendu ? Accepter ces rencontres inattendues et leur impact sur le destin de chacun ? Après cette nuit initiatique, l’aube se lève. Un coup de feu retentit… la fin de l’innocence, de l’enfance, chère à Bresson, le choix de l’enfant de tuer l’animal innocent… Reprendre la route vers une destination encore inconnue.
Du documentaire à la fiction
Pour mon dernier documentaire « Passeurs« , j’ai rencontré, suivi et filmé des mineurs isolés pour la plupart venus d’Afrique afin de comprendre leur parcours, les conditions de l’exil, leurs rêves, leurs frustrations… J’ai été frappé de voir avec quelle force ils ont fait face à des problèmes d’adultes, alors qu’ils n’étaient que des enfants. À travers le récit de ces jeunes étrangers, j’ai retrouvé ce que j’avais ressenti il y a plus de vingt ans lorsque je suis arrivé en Europe.
Iranien d’origine, j’ai vécu le déracinement culturel. A mon arrivée en France, j’ai été accueilli par une famille d’agriculteurs qui vivait dans la campagne normande. J’ai eu l’occasion de partager leur vie quotidienne et de voir leur combat pour s’accorder avec la nature, tout en supportant le poids administratif de la gestion de leurs exploitations, un travail supplémentaire loin de la vocation qu’ils avaient choisie. J’ai découvert la France grâce à ces gens modestes. Ce premier foyer et cette première expérience en France ont laissé en moi une trace profonde. Depuis cette époque, j’ai toujours souhaité faire un film sur le monde rural afin de montrer mon pays d’adoption tel qu’il m’est apparu la première fois.
Longue attente, jusqu’à ce que ce projet de film sur les jeunes migrants vienne l’enrichir. La ferme d’un village reculé, où pourraient se rencontrer migrants et locaux, m’a paru être le cadre parfait pour mêler ces deux univers, pour créer une micro-société.
Parce que le milieu rural jouit d’une forte tradition familiale, le cadre de la famille m’est apparu comme une évidence. Le choix de faire cohabiter les jeunes d’origine étrangère avec une famille en plein désarroi fait naître des situations contradictoires et parfois cocasses. Le contexte de la famille permet d’évoquer le décalage, aussi bien que la complicité, entre les protagonistes.
Deux univers se font face
Les migrants, orphelins de parents, de famille, d’amis, en quête d’une existence décente dans un monde qui se méfie d’eux. L’âge de la majorité qui arrive à grands pas pèse comme une menace sur eux et compromet leur avenir dans le pays où ils ont choisi de s’exiler.
Une famille décomposée, écartelée, déchirée, avec un père qui perd pied, des enfants qui ne comprennent plus leur mère qu’ils jugent inapte à gérer sa propre vie.
Qu’il s’agisse des jeunes étrangers ou des membres de cette famille française, chacun ressent l’abandon et le déchirement. La confrontation des deux mondes prend naissance dans la ferme de Corinne. Un lieu de refuge pour les uns, un lieu de drame pour les autres. Un lieu sacré pour tous. La ferme est un point de ralliement pour les personnages que tout oppose et qui n’auraient jamais dû se rencontrer.
Par ses incantations, le griot fait revenir Corinne parmi eux autour du feu pour fêter le rassemblement de ceux qu’elle aime, qui se retrouvent malgré leurs différences et leurs préjugés. Corinne arrive comme une délivrance, comme le messie, qui ne moralise pas mais qui constate les effets dévastateurs d’une société mercantile sur la condition humaine. Elle incarne l’espoir et la chaleur de l’humanité.
Conception
LES INTRUS pose la question de l’altérité et raconte l’autre à travers le monde. Le film observe, avec humour et ironie, le comportement des personnages réunis dans des circonstances particulières et inattendues, malgré eux, avec des préjugés et les stéréotypes bien ancrés dans les esprits.
Ici, des cultures s’affrontent, des univers familiaux et sociaux s’opposent. Abrités dans cette ferme, les jeunes étrangers, naïfs et bienveillants, se confrontent à une réalité qu’ils ne soupçonnaient pas : méfiance et défiance, mensonge et dissimulation.
Cette famille française, qui souffre et se déchire, incarne à travers deux générations, une idée différente de l’intégration. Alors que le père, issu d’un monde rural isolé et austère, renfermé sur lui-même, un peu frustre, rempli de préjugés sur les étrangers, se comporte comme un vieux colon, ses enfants semblent plus ouverts à l’idée d’intégration. Mais leur apparente bienveillance à l’égard des étrangers est en réalité teintée de condescendance, ce qui est souvent à l’origine de nombreux malentendus.
Aujourd’hui, ces jeunes africains, à l’instar des protagonistes du film, aspirent à changer leur destin. Ils parviennent parfois à quitter leur pays d’origine et empruntent la route tracée par les anciens colons venus exploiter leurs richesses. Cet exil, un acte aussi volontaire que douloureux, est porteur d’espoir car cette jeunesse exprime un fort désir d’émancipation, de mixité et de relations nouvelles.
Ce film raconte les traditions et l’état d’esprit des habitants des campagnes, tout en parlant du monde. Et ce, pour montrer à quel point dans notre vie de tous les jours, l’étranger nous est toujours semblable, alors que le semblable nous est souvent étranger.
Voilà les raisons pour lesquelles j’ai senti un besoin fort et vital de faire ce film. Parce que j’ai eu la chance de connaître ces deux mondes, ces deux réalités, parce que j’ai été touché par eux, parce que je veux que le monde ouvre les yeux et regarde autour de lui, parce que je souhaite avec ce film provoquer des questionnements, créer une réflexion.
Le ton
Dans LES INTRUS, l’ironie joue un rôle essentiel face à ce qui apparaît dénué de sens, voire aberrant. Alors que le sérieux des problèmes traités se prêtait facilement à faire un film militant, ou un polar au vu de l’enquête à mener, ou un film mystère vue l’étrangeté des événements qui s’enchaînent, j’ai fait le choix d’adopter un ton ironique en mettant en évidence le décalage entre les personnages, entre leurs différentes visions du monde. L’aspect dramaturgique et les recherches menées pour comprendre la mystérieuse disparition de Corinne restent au second plan de manière volontaire car le film est fondé sur la confrontation des différents univers et les décalages qui en découlent. L’ironie du sort à laquelle aucun des personnages ne semblent échapper est présente tout au long du film pour mieux souligner l’absurdité de la vie. L’histoire ainsi racontée avec ironie constitue pour moi l’originalité de ce film.
Par exemple, dès les premières images du film, le ton est donné : un jeune homme, en boubou, fait sa prière musulmane, dans une petite église catholique ; l’inspecteur des services d’hygiène dont l’attitude déshumanisée contraste avec les gestes d’hospitalité des jeunes migrants alors qu’eux-mêmes, ne sont pas à leur place ; Rodolphe, le père frustré, préoccupé surtout par le sort de sa cabane, « le seul territoire qui lui reste », voit la ferme familiale se transformer en territoire africain lors de la cérémonie initiatique ; Alors que les jeunes migrants prennent toute la mesure de la chaleur maternelle de Corinne, ses propres enfants la critiquent, cherchent à la désarmer et à l’empêcher d’agir ; Moussa se trouve coincé entre ses traditions familiales, la précarité de sa situation, et l’image du père français qu’on lui propose ; Même Corinne n’échappe pas à cette ironie du sort. Sa douceur et sa bienveillance à l’égard de ces jeunes (elle a, entre autres, aidé Moussa à revenir en France) se retournent contre elle lorsqu’elle est arrêtée et mise en garde à vue. Comme si son humanité était un délit…
La musique donne le ton également. L’esprit de l’opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau “Les Indes Galantes” est présent dans LES INTRUS en résonance avec les propos du film. J’ai choisi cet opéra car il témoigne du regard ambigu que les occidentaux conquérants posaient sur l’Autre, le sauvage. Il parle de la violence de la domination et de la volonté d’émancipation. La mélodie qui se fait entendre par moments dans le film, est celle de la quatrième entrée, “Les Sauvages”, qui symbolise la réconciliation entre les peuples conquis et les armées colonisatrices. Aujourd’hui, il se dégage “des Indes Galantes” un esprit de dérision et d’ironie qui convient également au ton que j’ai voulu donner à mon film.
Corinne relie tous les personnages. Elle est, à la fois, ce qui les réunit et ce qui les désunit. Son absence provoque ces rencontres inattendues et révèle le caractère des personnages et leur état d’esprit, influencé par leur trajectoire individuelle : le comportement de Rodolphe lorsqu’il interroge les jeunes au sujet de son ex-femme en dit beaucoup sur son passé en Afrique. Ou encore : l’enfermement d’Ibra dans le sous-sol lui rappelle son emprisonnement par les rebelles dans le désert. Même s’il ne veut pas en parler explicitement, il suffit d’un petit signe d’empathie de Rodolphe pour qu’il exprime toute la souffrance de son exil.
L’absence de Corinne sert de révélateur. Chacun peut y voir une métaphore en projetant sa propre vision : une mère aimante et protectrice pour les jeunes migrants, une mère irresponsable pour les enfants de Corinne, une femme perdue pour son ex-mari, faisant cavalier seul pour ses amis militants, une hors-la-loi pour les gendarmes.
Les autres personnages doivent alors continuer à chercher, chacun à sa manière, leur place dans la société, sans y parvenir parfois.
Reza Serkanian
LES INTRUS est le deuxième long-métrage de fiction de Reza SERKANIAN après « Noces éphémères », dont l’exploitation en salle s’est étendue sur tout le territoire français.
Dans ce film, au-delà de la narration, au-delà des images, une autre histoire se raconte. Comme si l’histoire continuait entre chaque séquence… comme si chaque personnage continuait de vivre hors champ… comme si ce qui se passe à l’écran n’était pas toute la réalité… comme si à chaque instant quelque chose menaçait d’arriver.
Les objets sont simples et parlants, le couteau du début, les fusils, les téléphones qui filment, la guitare, le Kora du Griot, le foulard de Corinne, les maquillages…
La campagne n’y est pas décrite comme habituellement, fermée et austère. Dans LES INTRUS, elle est ouverte, étincelante sous le soleil d’automne. Elle reflète la vie ! C’est l’automne des cœurs, une saison de repli doux, toute incendiée des rousseurs et carmins végétaux.
On aime tous les personnages, avec un casting très réussi qui associe des comédiens amateurs et des comédiens professionnels, Dominique BLANC et Jacques BONNAFFÉ pour ne citer qu’eux.
Les personnages s’observent à distance, se rapprochent et parviennent parfois à nouer une forme de dialogue. Regards, hésitations, connivences… Ils franchissent le seuil, ils sonnent aux portes, ils parlent.
Tous ces personnages témoignent de ce qui se passe partout, et dont on ne parle pas assez : l’accueil des migrants en France au cœur des territoires et de leurs habitants, et la volonté de certains de trouver des formes d’accueil.
Nous sommes convaincus de la sensibilité et de la profondeur du regard de Reza SERKANIAN, de la liberté et de l’originalité que porte son film. En effet, il est peu commun qu’un cinéaste observe avec autant d’intensité une thématique si peu développée dans le cinéma français. Le monde paysan français, qui se sent souvent abandonné et mal jugé, confronté à la question de l’accueil des étrangers, est un sujet novateur, tant dans sa conception que dans sa réalisation. Le regard de Reza est enrichi de sa double culture franco-iranienne et on retrouve dans sa manière de traiter le sujet et dans la narration l’esprit du cinéma iranien.
A partir de son imaginaire, Reza SERKANIAN, dans une fiction aux enjeux forts, pose quelques problématiques de notre monde actuel avec une belle acuité. Riche de sa culture, de son expérience et de ses talents de mise en scène, le film qu’il nous propose, porte en germe lyrisme et ferveur.
Overlap Films
Réalisateur
REZA SERKANIAN

Biographie
Reza Serkanian est un cinéaste d’origine iranienne actif depuis plus de trois décennies dans le cinéma de fiction et le documentaire. Il commence à réaliser des courts métrages à dix-sept ans en Iran et obtient rapidement une reconnaissance internationale, avec deux sélections au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. Après des études de cinéma à Téhéran, il poursuit son parcours artistique à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Amsterdam (Rijksakademie van Beeldende Kunsten) à Amsterdam.
Installé en France depuis 1998, il travaille entre l’Europe, l’Afrique et l’Iran, abordant les réalités sociales et les relations humaines. Il est également monteur et directeur de la photographie.
Son premier long-métrage, Noces éphémères (Grand Prix du meilleur scénariste Sopadin & France Culture), est présenté en première mondiale au Festival de Cannes en 2011 avant sa sortie en salles en France. Après Passeurs, documentaire coproduit avec France 3 pour la télévision, son nouveau long métrage Les Intrus sortira en salles en France en 2026.
Filmographie
LES INTRUS
2026 – Fiction – 80 min – Overlap Films – France
PASSEURS
2020 – Documentaire – HD – 68 mn – Overlap Films / France
LES ENFANTS DES PLANCHES
2019 – Documentaire – HD – 52 mn – Overlap Films / France
LE ROCHER DE NARAYAMA
2018 – Fiction – HD – 15 mn – Overlap Films / France – Iran
NOCES ÉPHÉMÈRES
2011 – Fiction – 35mm – 83 mn – Overlap Films / France
CEUX QUI MANGENT LE BOIS
2008 – Documentaire – 50 mn – Overlap Films / France – Gabon
L’ABSENCE D’ADRIEN
2004 – Documentaire – 26 mn – Overlap Films / France
RETROUVAILLES
2003 – Fiction – 35mm – 25 mn – Overlap Films / France – Iran
DE PASSAGE
2002 – Fiction – 35mm – 19 mn – Polygone Films / France
RETOUR
2000 – Fiction – 16mm – 30 mn – Valor Films / Pays-Bas
PARASTOU
1995 – Fiction – 35mm – 31 mn -DEFC / Iran
L’OISEAU AU VENT
1993 – Fiction – 16mm – 42 mn – DEFC / Iran